Posted on: 30th January 2013

Dr Francesco Romanelli

“L’Europe ne peut garder le rythme que si elle concentre ses efforts et adopte une approche pragmatique de l’énergie de fusion», déclare le Dr Francesco Romanelli, chef de l’EFDA.

“L’Europe ne peut garder le rythme que si elle concentre ses efforts et adopte une approche pragmatique de l’énergie de fusion», déclare le Dr Francesco Romanelli, chef de l’EFDA.

L’Accord Européen pour le Développement de la Fusion (EFDA) a publié une feuille de route expliquant comment fournir de l’énergie de fusion au réseau électrique d’ici à 2050. Cette feuille de route pour la réalisation de l’énergie de fusion scinde la quête de l’énergie de fusion en huit missions. Pour chaque mission, elle passe en revue l’état actuel de la recherche, identifie les questions en suspens, propose un programme de Recherche et Développement et estime les ressources nécessaires. Elle relève également la nécessité d’intensifier l’implication des industries et de rechercher toutes les possibilités de collaboration en dehors de l’Europe.

Le but de la recherche en fusion est de rendre disponible, sur terre, l’énergie des étoiles, en fusionnant des noyaux d’hydrogène. Cette source d’énergie est presque illimitée car elle utilise des matières premières abondantes: le deutérium et le lithium. Elle ne produit pas de gaz à effet de serre ni de déchets radioactifs à longue durée de vie. De plus, elle est intrinsèquement sûre puisque les réactions en chaines sont impossibles.

A ce jour, les scientifiques ont réussi à générer de l’énergie de fusion mais l’énergie injectée était plus importante que celle produite. Le projet international ITER, qui produira son premier plasma en 2020, sera la première installation de fusion à générer un net surplus d’énergie, soit 500 mégawatts pour 50 mégawatts injectés.

L’Europe est un des leaders de la recherche en fusion. Elle accueille aussi le projet ITER. Le financement d’ITER par 6 autres nations, en plus de l’Europe, montre l’importance croissante des attentes sur l’énergie de fusion. La Chine, par exemple, a lancé un programme de recherche agressif visant à produire de l’énergie de fusion bien avant 2050. “L’Europe ne peut garder le rythme que si elle concentre ses efforts et adopte une approche pragmatique de l’énergie de fusion», déclare le Dr Francesco Romanelli, chef de l’EFDA.

La Feuille de route montre qu’il est possible, avec un budget raisonnable, de produire de l’électricité de fusion en concentrant les activités de recherche et d’ingénierie. La quantité des ressources proposée est du même ordre que celle recommandée dans le 7e Programme Cadre pour la Recherche Européenne – hors investissements européens pour la construction d’ITER.

La feuille de route couvre 3 périodes: le prochain programme cadre européen dénommé ‘Horizon 2020′, les années 2021-2030 et la période entre 2031 et 2050.

Sur la voie de l’énergie de fusion, ITER est l’installation clef de cette feuille de route et devrait permettre d’atteindre la plupart des étapes importantes prévues. C’est pourquoi la majorité des ressources proposées dans Horizon 2020 seront dédiées à ITER et aux expériences complémentaires. La seconde période est centrée sur l’exploitation maximale d’ITER et sur la préparation de la construction d’une installation de démonstration DEMO, qui sera la première à fournir de l’électricité au réseau. La construction et l’opération de DEMO constitue la dernière phase de la feuille de route.

Dans le processus d’implémentation de la Feuille de route, le programme de fusion passera d’un programme de recherches scientifiques en laboratoire à un programme tourné vers les industries et la technologie. La construction d’ITER génère déjà un chiffre d’affaires d’environ 6 milliards d’euros. La conception, la construction et l’exploitation de DEMO requerront la pleine participation de l’industrie afin d’assurer que celle-ci puisse prendre, une fois l’opération de DEMO réussie, la responsabilité de la production commerciale d’énergie de fusion.